Titre

Présences astrologiques dans la glyptique de l’époque romaine. Fonctions identitaire, politique, médicale et magique

Auteur Fabio Spadini
Directeur /trice Prof. Dr. Véronique Dasen
Co-directeur(s) /trice(s) Prof. Dr. Arpad Nagy
Résumé de la thèse Ce projet de recherche concerne l’étude de l’astrologie antique au travers de la glyptique de l’époque romaine. Le travail sera basé sur un catalogue typo-chronologique des sujets qui apparaissent sur les pierres gravées dans différentes configurations de l’époque tardo-républicaine (IIe s. av. J.-C.) au règne des Sévères (IIIe s. apr. J.-C.). Ce cadre spatio-temporel correspond à celui de la réception de l’astrologie en Italie, puis de l’intégration de sa pratique dans la vie religieuse et politique romaine. L’objectif est d’analyser les transferts, détournements et resémantisations iconographiques qui témoignent à leur niveau du phénomène de globalisation religieuse qui caractérise l’époque romaine impériale. La thèse se compose de quatre parties. La première partie est centrée sur l’étude de l’iconographie du zodiaque, grec et égyptien, en repartant des travaux de Hans Georg Gundel (1972, 1978, 1994). Nous nous intéresserons à ses développements à l’époque hellénistique, quand se fixe un modèle en forme d’anneau divisé en 12 sections, et à son passage sur le support miniaturisé des pierres gravées. En 1972, Gundel a établi un catalogue de référence de représentations du zodiaque sur différents supports, dont une petite série de pierres gravées. Maria Grazia Lancellotti (2007) et Simone Michel (2011) ont augmenté ce catalogue en posant les bases de nouvelles interprétations. Notre étude actualisera ce corpus iconographique en le complétant de manière exhaustive avec des documents méconnus ou récemment découverts. Sur les pierres gravées, il s’agira de différencier les représentations du zodiaque grec et égyptien, qui se composent tous deux de douze signes avec des variantes. L’identification de l’iconographie du zodiaque sera complétée par celle des décans, les trente-six maîtres des 360 degrés de l’écliptique zodiacale, associés chacun à des parties spécifiques du corps ; cette étude se fondera principalement sur une relecture de documents d’époque romaine impériale, comme les tablettes en ivoire de Grand (Abry 1993) la Tabula Bianchini, en marbre, découverte en 1705 sur l’Aventin à Rome (Boll 1903, 299-306), le disque en verre de l’oasis de Kharga (IIe-IVe s. apr. J.-C. ; Nenna 2003), comparés aux documents d’Egypte romaine tardive (plafonds de tombes et de temples, comme le pronaos du temple de Triphis et de Pan à Akhmîn) et aux inscriptions, comme sur la calotte astrologique récemment découverte à Chevroches (Devevey et al. 2007). Nous tenterons ainsi de définir les différentes formes de l’iconographie zodiacale et décanique et de retracer les étapes de sa réception à l’époque romaine. La deuxième partie définira les rapports entre les gemmes et l’astrologie, les signes zodiacaux et les décans, en distinguant astrologie grecque et égyptienne, et en identifiant les choix opérés par les graveurs. L’objectif est d’aboutir à une définition actualisée de la notion de « gemmes astrologiques ». Sur la base du corpus établi, nous examinerons de manière systématique l’appartenance ou non d’un motif iconographique à la sphère de l’astrologie. Notre recherche sera basée sur un réexamen des sources écrites, notamment des traités d’astrologie antiques (Aratus, Eratosthène, Manilius, Firmicus Maternus) et des mythographes (Ovide, Hygin), ainsi que sur les sources iconographiques comme les reliefs sculptés, tels le Zodiaque de Denderah (50 av. J.-C.) et le Temple d’Esna (Ier s. ap. J.-C. ; von Lieven 2000) ou les zodiaques, complets ou non, miniaturisés dans le monnayage, en particulier des souverains Séleucides du Ier s. av. J.-C., de l’époque d’Antonin (138-161 ap. J.-C.) et de la dynastie syrienne des Sévères (193-235 ap. J-C.). L’analyse croisera ces sources, textuelles et visuelles, afin de définir de manière précise et méthodologique le répertoire iconographique astrologique sur les pierres gravées. La troisième partie concerne l’interprétation des choix opérés par les graveurs et de la fonction des motifs astrologiques sur les gemmes. L’analyse sera basée sur trois groupes iconographiques principaux : les signes zodiacaux (les plus fréquents sont le Bélier, le Cancer, le Capricorne, le Scorpion et le Taureau), les représentations du zodiaque (grec ou égyptien) et les décans (seuls 12 des 36 décans apparaissent sur les gemmes), en tentant d’expliquer les raisons de leur représentation sélective. Trois fonctions feront l’objet d’une étude plus développée: identitaire (le signe ou la configuration se rapporte à un horoscope de naissance individuel), politique (le signe ou la configuration se réfère à l’horoscope d’une personnalité politique comme Auguste et le Capricorne), médicale et plus largement magique (la présence des signes et décans se réfère à la mélothésie, cette science qui les associe aux différentes parties du corps à des fins thérapeutiques, comme le Scorpion pour les maladies des organes génitaux, ou Chnoubis pour les maladies du cœur et de l’estomac). La quatrième et dernière partie établira une synthèse afin de définir la place occupée par l’astrologie dans les transformations religieuses de l’époque impériale romaine. L’impact des connaissances égyptiennes et juives dans la construction des schémas astrologiques est perceptible sur les gemmes de l’époque romaine. Nous replacerons l’étude de ce type de motifs dans le contexte plus large de ce que la communauté scientifique appelle aujourd’hui la « globalisation » des savoirs astrologiques à l’époque impériale, c’est-à-dire la circulation de savoirs partagés, diffusés par différents canaux dans l’ensemble du monde romain, comme les ouvrages de Manilius (9 ap. J.-C.) ou Firmicus Maternus (337 ap. J.-C.), ou les traités anonymes conservés sur des papyrus d’Egypte romaine (Jones 1999).
Statut en cours
Délai administratif de soutenance de thèse
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